T'écris pas bien. Ben tiens, pas de diplôme. Tu ne le mérites pas. Tu ne mérites pas de poursuivre les études qui te serviront plus tard à entrer sur le marché du travail, à gagner ta vie, à fonder une famille, à terminer ta vie avec assez d'argent pour être heureux. Tu ne le mérites pas et évidemment, c'est parce que tu n'écris pas assez bien. On voit la logique des choses ici.
Puis, bien écrire, on va s'entendre. Une erreur à chaque trente-trois mots, voilà une façon d'écrire assez correcte. Assez bien pour peut-être mériter une note de passage. Peut-être.
Et qu'est-ce qu'on m'a dit, à moi, élève de quatre-vingt-dix pourcent en français? Si tu as quatre-vingt-dix pourcent maintenant, attends-toi à avoir un beau petit soixante, ou à-la-limite, un joli soixante-dix dans ta production écrite au mois de mai. Ok. Et qu'est-ce que ça dit ça au jeune vedge qui se fiche bien de l'école et des sujets beaucoup trop inintéressants qu'on nous impose aux examens? Ça dit qu'il va COULER parce que lui, il part déjà avec un soixante. Pourquoi on nous apprend à suivre une sructure plate, à écrire avec des mots plates, à défendre une opinion sur un sujet plate durant toute l'année, en nous faisant passer des examens dont le texte ne suit même pas le modèle qu'on se doit de respecter, en nous faisant aussi pondre un texte en trois cours comme si on avait tous des idées merveilleuses, pour nous dire finalement qu'on va être corrigé tellement sévèrement qu'on risque tous de ne pas passer? Intro, sujet amené, posé, formulation de la thèse, sujet divisé(aspects). Développement, rappel de l'aspect, argumentation, conclusion partielle. Conclusion, rappel des aspects, reformulation de la thèse, des arguments, ouverture... Ajout de marqueurs de relation et d'organisateurs textuels très importants. Exemples, citations, statistiques, faits vécus...
Je m'en souviens tout, ça fait deux ans qu'on l'apprend. Qu'on en écrit. Et encore là, à la fin de mon secondaire, même si je suis cette jolie formule, je risque de mettre mon avenir en péril. Je n'ose même pas imaginer l'autre qui a soixante. Et j'aimerais bien envoyer des articles de journalistes, moi, à ce foutu ministère! Ils couleraient à deux pourcent tellement ils ne suivent pas de stucture, tellement ils ne font qu'énoncer leur opinion! Nous, on nous ammène à être capable non seulement d'exprimer notre opinion et nos arguments, mais aussi de suivre un modèle pré-établi et accepté par le MELS, mais ce n'est encore pas assez bien. Je me demande qu'est-ce qu'ils attendent. Vraiment, qu'est-ce qu'on peut faire?
Et, ces temps-ci, on parle du décrochage scolaire! L'éducation va dont bien mal! Ben, peut-être que si on était jugé moins sévèrement, que si on pouvait nous faire écrire sur des sujets un peu plus agréables, si on ne nous décourageait pas, si on ne se faisait pas dire qu'écrire un cristi de texte argumentatif de cinquième secondaire déterminait notre vie, il y en aurait un peu moins de ce faaaameux décrochage. Est-ce qu'on fait vraiment des efforts pour inciter des élèves à rester dans les écoles? Pourquoi est-ce qu'on serait les seuls à fournir des efforts ou non et à subir les propos de tout le monde qui dit qu'on souffre de paresse, de lâcheté, qu'on ne pense qu'à s'amuser? Y a-t-il un moyen d'apprendre en s'amusant? Pour vrai, allez, proposez-en des moyens pour contrer le décrochage! Je ne suis pas en train de dire que moi, j'ai plus la solution qu'un autre, mais j'en ai vraiment marre de sentir tout le blâme sur les étudiants. Et avec ce maudit texte que je devrai écrire, je comprends de plus en plus les jeunes qui ont envie de sacrer leur camp de l'école.
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