Pages

2.10.2009

avant l'orage.

Tantôt, je suis allée prendre une marche avec Boris. Une longue marche. Et je me suis mise à réfléchir à plein de trucs. Je pense souvent à plus tard. C'est ridicule, j'sais, mais je ne peux m'empêcher d'imaginer la nouvelle vie que je mènerai l'année prochaine. Et comme souvent, j'ai commencé à "m'apitoyer sur mon sort". Je me suis demandé, y a-t-il quelque chose de pire que la vie routinière d'une fille de banlieue qui fréquente l'école du quartier et qui n'a rien vécu vraiment d'extraordinaire ?
Puis, j'ai trouvé.
La vie routinière d'une fille de banlieue qui a fréquenté l'école du quartier mais qui étudie maintenant au cegep, à mille ans de chez elle, vivant dans une nouvelle maison, située dans une autre banlieue nulle à chier, entourée de jeunes mamans pincées, de jeunes papas plein de gel au toupet et de bébés pleurnichards qui passent la majeure partie de leur vie à jouer avec d'autres bébés pleurnichards dans une maudite garderie, et n'ayant rien vécu vraiment d'extraordinaire, sauf peut-être un déménagement aucunement désiré. Je n'ai pas du tout mon mot à dire là-dessus. Je comprends, même si ça me fait bien trop chier, désolée pour le terme. J'ai pas envie de changer de ville et de maison. Je me suis habituée où je suis. En plus, où j'irai, c'est dégueu. Vraiment. Je déteste les nouveaux quartiers, les grosses maisons qui se ressemblent toutes, je déteste les jeunes familles, les banlieues, la platitude, la routine, les responsabilités. Ça sent le superficiel, la vie que tout le monde doit avoir pour être comme les autres, on dirait une barrière à la liberté, au plaisir, à la folie.
J'en veux pas, et ça va quand même arriver. Voyez? Du pur "apitoyage".
J'étais bien dehors, même s'il a commencé à pleuvoir. C'était une douce pluie, tiède un peu. En plus, j'avais Malajube aux oreilles. Quelle joie.
Après, je me suis mise à penser au cégep. Je sais que je fais tout un plat avec ça, mais c'est plus fort que moi, ça me fait capoter. Je sais que je vais m'y habituer, comme après le primaire, je me suis habituée au secondaire, mais le changement laisse toujours une "légère" crainte en moi. Une immense en fait. Je retarde toujours mon inscription, comme si ça allait changer quelque chose. Va bien falloir que je la fasse un jour ou l'autre. En même temps que j'ai hâte de changer d'air, d'environnement, d'entourage, je préfèrerais redevenir une fillette. Et n'avoir aucun souci. J'veux des responsabilités, mais en même temps non. J'veux de la liberté, mais ça me fait trop peur. J'veux, j'veux, j'veux, et j'veux plus.
Parfois, j'aimerais me dévisser la tête, et la remettre losqu'elle serait moins dérangée.

Puis là, je viens d'arriver à la maison, un peu trempée et fatiguée.
Mais au moins, ça va encore bien.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

archives.