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4.13.2009

menuet d'une vie marrante.

Premier mouvement.
Pauvre idiote, que je me suis dit ce matin. Pourquoi tu persistes à te pourrir la tête avec des images expirées et des mélodies qui ne devraient même pas avoir cet effet-là sur toi? Pourquoi se laisser atteindre, c'est plus ça la question. Pis là, je me suis mise à rire. Hahahahahahahahahaha. Hahahahahahahaha. HAHAHAHAHAHAHAHA. Paaaauvre idiote, c'est le cas de le dire.
Tsé, j'suis pognée entre les nouvelles hormones de ma soeur, celles de ma mère, les conflits qui en résultent et l'odeur du printemps. Et au lieu de sourire, de me dire que j'ai mon beau Pierre à écouter, mon manteau d'hiver à enlever et du chocolat à manger, je blame ma famille de ne rien comprendre, mes amis de ne pas écouter et la terre entière d'être trop amie avec son nombril. Mais là, maintenant, j'ai envie de trouver une certaine paix, une quelconque joie. Il fait soleil et moi, j'aurai le sourire aux lèvres, même si ça et même si ci. Quand ma mère arrivera avec l'épicerie, je fermerai les yeux pour ne pas subir son air bête. Quand ma soeur arrivera à la maison, je me boucherai les oreilles pour ne pas les entendre s'obstiner les deux entre-elles. Quand le vent du printemps ira frapper mon nez, je me dirai que je me fiche bien de l'odeur, qu'il est un simple imbécile et que je mérite bien de passer à autre chose. Et j'aurai le sourire aux lèvres. Fermer les yeux, boucher les oreilles. Voilà la clef du bonheur chez moi.
Petit moment de joie aujourd'hui, je suis allée courir au parc avec Boris. C'était trop mignon. En passant, mon message ne vient pas encore d'une «moi-même» désespérée. Je vais plutôt bien, quoique assez fatiguée.

Second mouvement.
Alors voilà. Comment une jeune femme fragile, ayant vécu presque 17 ans à remplir le coeur de bonheur d'une famille exigente et fière, a pu, en un seul instant, briser tous les rêves qu'ils voulaient qu'elle réalise, transformer leur regard pétillant en yeux froids et méprisants ou même, à faire apparaître d'un coup un air déçu et insatisfait sur leur visage tout tendu? Et bien moi, je vais vous le dire. Mais ça restera entre nous. Après avoir étudié pendant douze ans des matières que vous vous foutez bien, et après avoir performé comme une débile dans toutes les disciplines, poursuivez vos études en arts. Dites-le avec le sourire aux êtres chers qui vous entourent, vous verrez. Vous aurez la réaction escomptée. Puis tiens! Je peux même prévoir comment vous vous sentirez. Le coeur gros, un sentiment d'avoir échoué quelque chose, d'avoir déçu des gens à qui vous auriez voulu plaire, c'est exactement ça! Mais retenez vos larmes! C'est la meilleure façon pour se convaincre que vous faites un bon choix.
De rien, ça me fait plaisir.

Troisième mouvement.
J'attends. J'fais juste ça attendre! J'attends ma lettre du Cégep. J'attends mon t-shirt Viva la Vida. J'attends le spectacle de mon beau Pierre. J'attends le premier mai, le jour où je pourrai peut-être conduire seule, comme une grande. J'attends que Vixit finisse. J'attends que l'année finisse. J'attends le bal des finissants, pour qu'après, ça soit vraiment fini. J'attends, pis j'ai hâte.
«Je sais que toute laide chose se passe, mais en attendant, j’attends... » Pierre...

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