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2.11.2009

fais pas c'que tu veux.

Deuxième période, cours de chimie. Je lève les yeux de ma feuille, la formule de l'électrolyse de l'eau. Quelle est la vitesse de réaction du dioxygène en mole par seconde. Honnêtement, j'en ai rien à faire. Je regarde les trois élèves qui sont assis devant moi et qui discutent. Un fera ses études en biologie médicale, une veut devenir physiothérapeute, et l'autre se dirige vers les sciences natures. Ma voisine de table aussi. Pis bang. Ça me frappe. Ce sont des biens beaux rêves, mais moi, qu'est-ce que je vais faire? Je me sens soudainement très inutile, sans intérêt. Pas d'ambition, pas de sciences, petit programme "facile" comme y disent. J'fais quoi. J'fais quoi sérieusement avec un p'tit diplôme en arts? Je sauverai pas des vie. Je ne ferai pas avancer la technologie. Je n'aiderai pas les gens. J'ferai rien. Rien d'important. Mais merde, je déteste ça. Je déteste les cours, la matière. Ça ne me rejoint pas, mais pas du tout. Sauf que quand j'y pense, je me sens coupable. Comment ça se fait qu'il y a des gens de mon âge qui aiment ça? Qui vont étudier dans ce domaine? Pourquoi moi, je m'en balance? Il me semble que c'est beau entendre un jeune de dix-sept ans qui dit « Je serai médecin». C'est beau. «Oh, un diplôme en arts, ah bon.» Ça me rappelle le gros monsieur épais et son fils chilleux que j'ai aperçu aux portes ouvertes d'un cégep. Un beau rire gras. Une belle bédaine de bière. Des belles mains noires de construction. « Hahaha! Y'a pas de débouchés icitte! Haha! Chek ça!», qu'il a dit en voyant un oeuvre. Même si je l'ai trouvé si con, parfois je me demande s'il n'avait pas un peu raison. C'est tellement trop facile de dire «fais ce que tu aimes». On se ramasserait qu'avec des joueurs de hockey et des guitaristes. C'est plus complexe que ça. C'est plus que "faire ce qu'on a envie". Et soudainement, je me sens mal de faire ce que j'ai envie. Je ne suis pas en train de changer d'avis, non, mais je trouve ça un peu difficile.
Je retourne donc à mon dioxygène. 0,6 moles/seconde...

1 commentaire:

  1. Je me sens comme toi en chimie. Je suis là, je regarde la feuille et tout que je me demande, c'est: "Pourquoi? C'est quoi le but de tous ces calculs?" (On oublie le fait que je suis par ailleurs pas capable de les faire).
    Sérieusement, ca ne me touche pas. Je ne me vois pas dans ca. Et j'ai l'impression que, autour de moi, il y a tous ces élèves motivés qui sont en train d'attaquer leurs calculatrices avec des formules et tout, pendant que moi j'ai même pas ENVIE de trouver la solution. Qu'est-ce que ca changerait? Après cette année, chimie, c'est fini pour moi.

    Mon père est médecin et il fallait qu'il travaillait fort pour ca parce que sa famille n'avait pas l'argent pour ses études. Il a fait son chemin quand même. Il aide les gens. C'est une bonne chose, ou non? Travailler fort avec le but d'aider. Mais il voulait devenir professeur au début, sa mère (infirmière) lui a convaincu que médecin, c'est meilleur. Il ne le regrette pas, il aime son travail, mais néanmoins il s'est demandé parfois, pourquoi il n'a pas fait ce qu'il voulait en ce moment.
    Toi, tu as aussi un but. Toi aussi, tu as des plans, des idées, des ambitions. Et on peut pas tous êtres des médecins etc., ou non?
    Et je ce ne sont pas seulement les travails en sciences qui comptent. Une société sans les arts, les théâtres, les musées, la musique, ... quelle société est-ce que ca serait? Tous les choses rendent la vie plus jolie. Comme on a appris en EDE (peut-êre ca sert vraiment à quelque chose ...): ce sont peut-être des besoins "secondaires" et par "vitaux", mais quand même ... ca rend les gens heureux et ce n'est pas pour rien. Il n'y a pas des travails qui sont plus précieux, on a besoin de tout pour nos vies.
    Donc, tu fais ca que tu aimes faire et en même temps tu vas faire quelque chose pour des autres personnes!

    Moi, au contraire, je ne sais pas qu'est-ce que je veux faire dans ma vie. Ici au Québec, vous pensez à Cégep, vous avez des idées. Je me sens parfois comme une petite fille naive sans plan entre vous quand je répond avec: "Eh bien, je ne sais pas qu'est-ce que je vais faire. Faire mon bac et ... eeh ... oui, après je ne sais pas."
    Il me reste 2 ans pour décider, mais j'ai l'impression que je vais jamais savoir quoi faire. Il y a trop de choses que j'aimerais faire, mais en même temps je trouve pas l'idéal ou je pense: "Wow, c'est CA!".
    Mais qui sait, peut-être je vais être "allumer" dans 2 années. J'espère.

    Bref, lâche-pas! Et oui, fais c'est que tu veux - comme ca tu vas sûrememt pas le regretter.
    Tu es capable!

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